Quand on n'ose plus être soi dans les relations : comment retrouver une sécurité intérieure et une autonomie relationnelle avec l'hypnose et l'approche narrative
- roncierelodie
- 17 janv.
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 janv.
Vous avez peut-être déjà ressenti cela : être avec les autres… sans jamais être vraiment vous-même.
Faire attention à ce que vous dites. Vous adapter en permanence. Ravaler certaines émotions pour éviter les conflits. Ou, à l’inverse, vous sentir envahi, à bout, vidé par les relations.
Avec le temps, ces difficultés finissent par raconter une histoire sur vous-mêmes :« je suis trop sensible », « je ne sais pas dire non », « je suis toujours seul·e », « il y a quelque chose qui ne va pas chez moi ».
L’hypnose et l’approche narrative proposent une autre manière de comprendre et de transformer ces vécus relationnels, en douceur et en profondeur.
Ces deux grandes peurs qui bloquent nos relations
Dans la plupart des situations de souffrance relationnelle, on retrouve une oscillation entre deux peurs fondamentales :
La peur d’être envahi ou contrôlé qui nous fait dire : je dois me protéger, me fermer, me durcir
La peur d’être abandonné ou rejeté qui nous fait tenir ce dialogue interne : je dois m’adapter, faire plaisir, disparaître ...

Ces deux peurs génèrent des histoires que l'on se raconte et qui nous bloquent :
soit dans le monde de la maltraitance (je suis envahi.e, contraint.e, attaqué.e)
soit dans le monde de l'abandon (je suis seul.e, non soutenu.e, invisible).
Ces mondes ne sont pas des réalités objectives : ce sont des organisations relationnelles, construites pour survivre. Lorsque l’on est pris dans l'un de ces mondes, il devient difficile de trouver une position juste. On n’est ni vraiment en lien, ni vraiment soi-même.
Le problème commence lorsque l'on ne peut plus sortir de ces mondes, que l'on reste bloqué dans la survie, à ne plus savoir comment entretenir des relations vivantes, qui nous permettent notre liberté de gestes la plus proche de ce qui nous anime, tout en étant en relation avec l'autre.
" Être en couple ? C'est ne faire qu’un.
Oui, mais lequel ? "
-Oscar Wild.

Etre autonome... et en lien avec les autres
On associe souvent l’autonomie à l’idée de se débrouiller seul. Or, l’autonomie ne se construit pas contre les autres, mais avec les autres. La véritable autonomie est relationnelle.
Etre en autonomie relationnelle, c'est être en capacité de :
rester soi tout en étant en lien,
dire oui sans se trahir,
dire non sans rompre la relation,
sentir que l’on a une place, sans devoir la justifier.
Et cela ne se décide pas mentalement. L'autonomie relationnelle se vit, se ressent, s’expérimente.
L’hypnose comme expérience de sécurité relationnelle
L’hypnose que je pratique n'a rien à voir avec l'hypnose de spectacle, qui cherche à contrôler le sujet. Pour permettre un changement, rien n'est fait contre le gré de la personne accompagnée, qui est libre de ses pensées comme de ses mouvements, d'entrer en relation par la résistance ou par la coopération. Dans cette approche, la résistance à une évocation est vue comme une tentative de protection, une coopération avec l'histoire qui, un jour, a permis à la personne de survivre.
Accepter cette résistance, c'est respecter le rythme et la volonté de la personne accompagnée. C'est cette relation de profond respect, que le praticien offre, qui lui permet de vivre une expérience d'autonomie dans la relation.

En séance d'hypnose, la personne a la liberté d'être à la fois :
dans son monde intérieur,
et en lien avec le praticien.
Elle peut ainsi faire l’expérience d'être en lien et rester soi sans se dissoudre dans la relation, sans devoir se protéger et sans sacrifier sa liberté.
Libre dans sa manière d'être et de bouger, cette expérience va lui permettre de vivre autrement sa relation à soi et à l'autre. C'est là que réside le changement.
Dans cette perspective, l’autonomie relationnelle devient un réducteur de complexité : je n’ai plus besoin de tout contrôler ou éviter, je peux composer avec l’autre. C'est la voie vers plus de liberté d'être soi dans la relation à l'autre.
Vous n'êtes pas le problème : quand externaliser le problème restaure la dignité du sujet
Ces difficultés relationnelles ne viennent pas d’un manque de confiance, d’un défaut de caractère ou d’une fragilité personnelle. Elles viennent souvent d’histoires relationnelles anciennes, construites pour nous protéger.
Suite à des expériences relationnelles vécues difficilement, nous mettons en place très tôt — parfois sans en avoir conscience — des automatismes qui nous font raconter des façons d'être en lien :
sans déranger les autres,
en répondant aux attentes des autres,
sans risquer l’abandon, ou encore le rejet.
Ces peurs, ces réactions automatiques, ces blocages relationnels, encore présents aujourd'hui, sont donc souvent le fruit d’histoires construites pour survivre, s’adapter, rester en lien coûte que coûte.
Ces stratégies ont été utiles à un moment donné. Le souci apparaît lorsque ces automatismes deviennent rigides, quand nous existons à travers notre souffrance et que nous nous identifions à elle, ce qui finit par réduire notre liberté, notre créativité et notre capacité à entrer en relation de façon vivante. L'histoire du problème a pris le pouvoir sur notre vie, jusqu'à emprunter notre identité.
Pour ouvrir les perspectives, je m'appuie en séance sur un principe clé de l'approche narrative :
la personne n’est pas le problème, le problème est le problème.
Le problème, c'est ce qui influence la vie de la personne et l'éloigne de ses valeurs. Mais, en rien le problème est ce qui la définit.
En externalisant l’histoire dominante, le thérapeute et la personne se placent côte à côte, sur la berge, pour observer les stratégies et les ruses que le problème met en oeuvre pour parvenir à dominer sa vie. Cette mise à distance dissout le problème, protège l’identité du sujet et lui redonne une marge de manœuvre.
C’est là un acte de respect fondamental : la personne n’est plus confondue avec son symptôme, son trauma ou ses comportements automatiques. Elle peut enfin redevenir auteure de sa relation au monde.
Troquer une histoire dominante pour une histoire préférée
L’objectif du travail narratif et hypnotique n’est pas de « supprimer un symptôme », mais de déplacer le regard afin d'ouvrir les perspectives.

Il s’agit d’aider la personne à passer :
d’une histoire dominante, dans laquelle elle existe à travers sa souffrance,
à une histoire préférée, dans laquelle elle est en relation avec elle-même et avec les autres.
L’histoire préférée n’est pas une histoire idéalisée. C’est une histoire habitée, de coopération, déjà vécue par la personne.
Et ce passage d'une histoire à l'autre ne peut se faire que par une expérience relationnelle différente, vécue dans l'ici et maintenant, en séance, avec le praticien.
Redonner une place aux histoires riches oubliées de votre vie
Lorsque le problème prend toute la place, il masque souvent d'autres récits :
des moments où vous avez su poser des limites,
des relations où vous vous êtes senti.e en sécurité, reconnu.e
des capacités que vous avez su développer et qui ont été remarquées
des situations où votre présence à eu de la valeur pour quelqu'un.
L’approche narrative consiste ainsi à faire émerger ces histoires alternatives, parfois discrètes mais essentielles. Elles deviennent des points d'appui pour construire une relation plus vivante à vous-même et aux autres.

Mon rôle est de vous aider à repérer ces histoires riches et vivantes où vous êtes en relation avec l'autre tout en étant en relation avec vous-même, à leur redonner de l'épaisseur, et à voir comment elles peuvent reprendre une place dans votre vie actuelle.
L'hypnose permet de leur redonner une profondeur sensorielle et émotionnelle, afin qu'elles ne restent pas au statut de simples souvenirs mais qu'elles s'incarnent dans votre vie.
L’hypnose pour donner corps à une nouvelle histoire
Là où l’approche narrative et l’hypnose se rejoignent, c’est dans l’expérience.
Il ne s’agit pas seulement de comprendre autrement votre histoire, mais de vivre votre histoire de relation différemment, ici et maintenant.
L’hypnose permet d'ancrer ces nouvelles histoires dans le corps, et ainsi de :
vivre les histoires d'exceptions non seulement cognitivement, mais aussi corporellement
réintroduire de la sensorialité et ressentir ce que cela fait d’être plus libre dans la relation,
laisser émerger des sensations de sécurité, de solidité, de présence.
habiter le corps comme un espace relationnel

Lorsque la personne revisite une expérience ressource sous hypnose, elle ne se contente pas de s’en souvenir : elle la revit. La ressource, qui était jusque-là oubliée, devient disponible dans le présent.
Réanimer les relations grâce aux séances
Les conversations narratives hypnotiques ne cherchent pas à « réparer » les personnes. Elles visent à réanimer des relations.
Quand la relation est vivante, le sujet se remet en mouvement. Quand l’intention relationnelle est perçue, la sécurité revient. Quand le corps est habité, la liberté dans la relation s'envisage.
Le profond respect du client en hypnose ericksonienne tient peut-être à cela :
voir en chaque personne non un problème à résoudre, mais une vie en relation qui cherche à se réorganiser.
Et offrir, par la relation qui se tisse dans l'accompagnement, un espace où cette vie peut à nouveau circuler.
Pour qui ?
Cette approche peut vous aider si :
vous vous sentez enfermé dans des schémas relationnels répétitifs,
vous avez l’impression de ne jamais être vraiment vous-même avec les autres,
vous luttez contre une anxiété ou une peur du rejet,
vous sentez souvent en insécurité dans vos relations,
vous vous adaptez jusqu’à l’épuisement,
vous ressentez une fatigue relationnelle ou émotionnelle,
vous voulez retrouver plus de liberté intérieure et relationnelle.

En conclusion : quand le dialogue entre hypnose et approche narrative vous aident à mieux vivre vos relations
L’hypnose ericksonienne et l’approche narrative, quand elles sont combinées en séance, vous accompagnent pour :
sortir d’histoires de problème qui vous enferment,
redonner de la place à ce qui, en vous, est vivant, créatif et singulier,
retrouver une sécurité intérieure dans la relation.
👉 Changer son histoire de problème relationnel, c’est s’autoriser être vivant.e dans ses relations.
Le sujet des conversations narratives hypnotiques et de l'autonomie relationnelle a été développé par Julien Betbèze, psychiatre et pédopsychiatre français, spécialisé en hypnose ericksonienne et en thérapies brèves.





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